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Interviews Alex Rivera
Longtemps considéré comme un bastion masculin, le monde du métal a changé de visage.
Et il était temps. Depuis plusieurs années, les femmes ne se contentent plus d’y faire de la figuration.
Elles imposent leur style, leur puissance et leur identité. Et parfois, elles écrasent littéralement le game.
Trois artistes incarnent parfaitement cette évolution.
Trois voix, trois univers, trois tempéraments. Trois parcours, une même réalité. Trois pays. Trois cultures. Trois façons d’aborder le métal.
Mais au fond, une même mécanique :
– Transformer un vécu en puissance sonore,
– Utiliser la scène comme un espace de vérité,
– Refuser les cases qu’on leur a imposées.
Ces femmes ne sont pas juste “présentes” dans le métal.
Elles le redéfinissent, avec des tripes.
Le cliché de la femme dans le métal, cantonnée à un rôle d’exception ou de curiosité, est en train de mourir. Aujourd’hui, les femmes ne sont plus “acceptées” dans le métal. Elles en sont des piliers.
Lena Scissorhands, Madeleine Liljestam et Jessie Williams ne sont pas des symboles. Elles sont des références. Et surtout, elles ouvrent la voie à toute une génération qui n’a plus envie de demander si elle a le droit d’être là.
Parce qu’au fond, la vraie révolution, elle est là, le métal n’a jamais été une question de genre. Juste une question de puissance. Le métal a toujours été une musique de résistance. Mais aujourd’hui, il est devenu autre chose, un reflet. Celui d’une époque tendue, incertaine, où même respirer devient parfois compliqué. Et dans ce chaos, les femmes ne demandent plus leur place. Elles prennent le micro, elles montent sur scène… et elles disent tout haut ce que beaucoup n’osent même plus penser. Juste parce que c’est devenu impossible de se taire.
Le plus intéressant, c’est que ce n’est pas une exception, c’est une transition. Le métal change parce que le monde change. Et celles qui étaient mises de côté deviennent aujourd’hui des figures centrales. Et clairement, elles ne sont pas venues pour demander gentiment.
Leader du groupe Infected Rain, Lena Scissorhands est une déflagration à elle seule.
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Sa voix oscille entre cris viscéraux et passages plus mélodiques, avec une maîtrise qui force le respect.
Sur scène, c’est simple, elle ne chante pas, elle attaque.
Mais au-delà de la performance, il y a un message. Une identité forte. Lena incarne cette génération d’artistes qui ne s’excusent plus d’exister dans un milieu longtemps fermé. Elle ne demande pas sa place, elle la prend.
Avec Infected Rain, Lena ne chante pas, elle expulse.
Sa voix, c’est un mélange de colère, de fatigue et de lucidité. Comme si chaque morceau était une réponse à un monde qui part en vrille. Pas de filtre, pas de compromis. Ce n’est pas juste du métal. C’est un exutoire collectif.
Originaire de Chișinău, capitale de Moldavie, Lena Scissorhands n’a pas grandi dans un décor de carte postale. Son parcours est marqué par une jeunesse dans un pays encore en reconstruction, entre instabilité et manque de perspectives.
Et ça s’entend. Avec Infected Rain, elle développe un style qui mélange nu metal, metalcore et influences industrielles. Une musique abrasive, presque suffocante, qui colle parfaitement à son identité.
Mais ce qui frappe vraiment, c’est sa capacité à naviguer entre deux mondes :
– des screams bruts, presque violents
– et des passages mélodiques chargés d’émotion.
Ce contraste, c’est elle. Une artiste façonnée par un environnement dur, mais qui refuse de devenir froide.
À l’opposé du chaos contrôlé de Lena, Madeleine Liljestam, impose une présence presque royale. discipline nordique et noirceur maîtrisée
À des milliers de kilomètres de là, en Suède, Madeleine Liljestam grandit dans un environnement totalement différent. Ici, la musique est structurée, enseignée, presque académique.
Et ça se ressent dans sa technique. Sa voix, à la fois pure et puissante, traverse les orchestrations lourdes du métal symphonique avec une facilité déconcertante. Elle incarne une autre facette du métal féminin : moins brutale en apparence, mais tout aussi percutante.
Avec son groupe Eleine, tout est sombre, mais rien n’est fragile. Madeleine Liljestam impose une présence presque glaciale. Une voix qui plane au-dessus du chaos, comme si elle racontait la fin du monde avec élégance.
C’est ça, le paradoxe : de la grâce… dans un univers qui ne pardonne rien. Avec Madeleine, elle s’inscrit dans un registre symphonique teinté de dark metal. Sa voix est claire, maîtrisée, presque irréprochable… mais jamais lisse.
Ce qui la distingue, c’est cette capacité à injecter de la froideur émotionnelle dans une musique pourtant très orchestrale. Comme si chaque note était contrôlée, mais chargée d’un poids invisible.
Chez elle, la puissance ne vient pas du chaos. Elle vient de la maîtrise.
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Avec Ankor, un groupe espagnol de metalcore de Tarragone (Catalogne), Jessie Williams représente la nouvelle vague. Celle qui mélange les influences, casse les codes et refuse les étiquettes. Sa voix navigue entre douceur et explosivité, avec une aisance qui reflète parfaitement l’évolution du genre. Le métal d’aujourd’hui n’est plus figé, et Jessie en est la preuve vivante.
Elle ne reprend pas les règles : elle les réécrit. Jessie Williams incarne un truc encore plus dérangeant, la réalité. Une génération qui doute, qui galère, qui explose intérieurement. Et qui n’a plus la patience de faire semblant.
Sa voix passe du fragile au brutal en une seconde. Comme nos vies, en fait. Jessie Williams grandit dans un monde connecté, influencé par le rock alternatif, la pop, le metal moderne et même les codes du streaming et des réseaux. Son approche est moins “traditionnelle”, mais beaucoup plus libre.
Son style mélange chant clair, passages énergiques, et une émotion très directe, presque brute. Là où d’autres construisent une image, elle expose. C’est une musique qui parle d’angoisse, d’identité, de pression sociale. Une musique de maintenant, sans filtre nostalgique.
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Écrit par: daschmidt
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play_arrowLisa Mistretta
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play_arrowCOLY
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